mardi 5 mai 2026

Le conseil municipal du 30 avril

 

193 millions d’euros et un éloignement de l’effet ciseau :

 Le budget 2026 a été voté à Martigues


Le conseil municipal du 30 avril dernier était dédié au vote du budget de la Ville, atteignant presque les 193 millions d’euros, malgré les incertitudes pesant notamment sur l’apport de la Métropole. L’opposition a voté contre ce budget primitif.

Après le débat d’orientations budgétaires, qui a eu lieu le 9 avril, le conseil municipal du jeudi 30 avril était dédié au vote du budget primitif 2026, qui s’équilibre à 192 770 822,12 €, dont 161 914 312,08 € en fonctionnement, et 30 856 510 € en investissement.

Le premier adjoint Henri Cambéssèdes, à la barre de cette présentation, s’est réjoui à plusieurs titres. D’abord, "les taux communaux de fiscalité locale directe ne vont pas évoluer, on va rester au taux précédentLe fruit de la fiscalité locale sur la taxe foncière sur les propriétés bâties s’élèvera à 31 017 422 € ; sur les propriétés non bâties, à 116 413 €, et sur la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, à 489 440 €". La taxe sur le foncier bâti s’élève donc toujours à 37,68 %, et à 20,32 % pour le foncier non bâti. Ensuite : "Nous sortons de l’effet ciseau, c’est-à-dire que les courbes sont dans une orientation vertueuse." Quant à la capacité de désendettement de la ville, "elle s’améliore", note l’élu, s’établissant à 3,7 années.

Les recettes de fonctionnement sont en augmentation de 2% par rapport à l’an passé - notamment grâce au premier reversement par l’État des 30% du Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités (603 000 €), qui avait prélevé l’an dernier 2 M€. Et ce malgré la baisse des dotations de l’État. Les dépenses de cette section, elles, diminuent de 0,65 % par rapport à 2025, "grâce au travail approfondi d’optimisation des services", félicite l’élu.

1 125 000 € pour le pont des Laurons

Concernant les projets d’investissement, une des plus grosses opérations 2026 concernera le pont de la Reraille, qui permet d’accéder aux Laurons, pour un montant d’1 125 000 €. "Il donnait des signes de faiblesse, il fallait intervenir assez rapidement pour non pas le conforter, mais le remplacer", précise Henri Cambessédès.

Suivent le renouvellement de l’éclairage public par des dispositifs LED à commande intelligente (1 100 000 €), la remise aux normes de la cuisine centrale (730 000 €), l’extension des locaux au stade Julien Olive (600 000 € pour la première tranche), le lancement d’une étude concernant la réfection du réseau de chauffage secondaire de l’hôtel de Ville (200 000 €) et la réfection du port de Carro (125 000 €). 250 000 € seront dédiés aux travaux forestiers dans le cadre de la prévention des incendies (gestion des parcs, création de pistes forestières…), et 100 000 € à la poursuite du programme de renouvellement des bornes incendie. Notons aussi la poursuite de la rénovation des groupes scolaires de la commune (600 000 €) ou encore la création d’îlots de fraîcheur dans les cours d’écoles (200 000 €). Quant aux travaux de voirie, ils pèseront 600 000 € dans les dépenses, et la poursuite du programme de mise en accessibilité des établissements recevant du public, 800 000 €.

Tous ces projets s’inscrivent dans le plan du programme pluriannuel d’investissement. Ce qui n’est pas le cas des 1 421 650 € dédiés au développement numérique (expérimentation de l’IA, remplacement d’infrastructure, investissements en cybersécurité…), des 1 500 300€ pour l’urbanisme (dont l’aide à la restauration immobilière dans le cadre du dispositif Martigues en couleur), ou encore des 100 000 € de subventions fléchées vers la participation à la modernisation d’équipements de l’hôpital.

Doutes sur l’attribution de compensation

Emmanuel Fouquart est le premier à réagir à cette présentation : "Il y a quand même une incertitude, c’est l’apport financier de la Métropole, puisqu’il n’a pas été voté." Notons que l’attribution de compensation versée par la Métropole représente 74 % des recettes fiscales de la Ville, comme l’a annoncé Henri Cambessédès lui-même. L’élu d’opposition RN soulève un autre point, sur lequel il dit avoir été interpellé durant les municipales : la Bastide du chemin de Paradis (la bastide de l’écrivain nationaliste et fondateur de l’Action Française Charles Maurras), "qui appartient à la Ville, et la Ville a des obligations. De mémoire, on avait voté des travaux en 2019, qui ne sont pas réalisés. Quand le seront-ils ?" Il s’oppose ensuite à plusieurs subventions, dont celle accordée à l’association Les Amis de la fête, "une association du Parti communiste", mais aussi au café associatif le Rallumeur d’étoiles, et à SOS Méditerranée. Et d’annoncer que son groupe votera contre le budget.

Jean-Luc Di Maria s’y oppose lui aussi. "Oui, l’équilibre est atteint, mais c’est une obligation, pas une ambition". Concernant la maîtrise des dépenses liées à la masse salariale, il attaque "le non-remplacement d’agents, et donc moins de services rendus, plus de tension dans les équipes, le service public qui recule. Pourtant, les promotions ont été nombreuses […] C’est ce que vous reprochiez hier à vos adversaires. Vous le faites aujourd’hui." Sur l’investissement : "Beaucoup d’annonces, peu de caps, et surtout pas assez de concertation. On parle de millions d’euros sans hiérarchisation claire." Il interroge alors le fléchage des 600 000 € destinés aux écoles, ou aux aménagements forestiers, rappelant les obligations auxquelles sont soumis les riverains dans le cadre du PPRIF, "sans soutien suffisant, sans lisibilité".

"Le budget que nous présentons aujourd’hui va permettre d’agir utilement pour chacune et chacun. Il s’agit d’un budget solide, construit avec sérieux, soutenable et fidèle aux engagements pris", lance pour sa part le maire Gaby Charroux, sans vraiment répondre aux questions de l’opposition. Il dénonce : "Une part croissante de l’effort budgétaire sert à absorber des dépenses nouvelles imposées de l’extérieur sans aucune compensation. Malgré cela nous avons fait un choix clair ; celui de ne pas augmenter les impôts locaux." Quant à la question de l’attribution de compensation versée par la Métropole, si importante pour le budget, il rappelle qu’elle est l’héritière de la taxe foncière et se dit déterminé à "défendre ce qui revient légitimement, de droit, à notre territoire et à ses habitants. Si demain ces équilibres venaient à évoluer, c’est notre capacité d’action qui serait directement concernée."

 


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