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Municipales 2026 à Martigues : candidats, enjeux et programmes
Maire de Martigues depuis 2009, le communiste Gaby Charroux est de nouveau candidat à sa réélection. Face à lui se dressent deux listes divers gauche menées par des anciens de sa majorité, Frédéric Grimaud et Anne-Marie Sudry, ainsi que la liste de droite de Jean-Luc Di Maria et celle d’extrême droite du député RN de la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône Emmanuel Fouquart.
En 2020, en pleine crise du Covid, le suspense n’avait pas eu le
temps de s’installer à Martigues. Gaby Charroux avait balayé l’opposition en
recueillant, dès le premier tour, 60.93% des voix. Une reconduction dans la
facilité pour l’édile face à une liste LR (Jean-Luc Di Maria) distancée
(21.33%) et une extrême droite (Emmanuel Fouquart avec le RN) écrasée (10.39%).
Mais six ans plus tard, la donne a changé dans la Venise provençale.
Les 35 499 électeurs (pour 49 346 habitants) font face à un paysage politique
modifié. En juillet 2024, lors des élections législatives anticipées, Emmanuel
Fouquart du RN s’impose contre le communiste sortant Pierre Dharréville (52.87%
contre 47.13%) et devient le nouveau député de la 13e circonscription des
Bouches-du-Rhône. Sur la seule commune de Martigues, le candidat lepéniste
obtient 215 voix d’avance sur son adversaire. Une élection qui a créé “un
engouement au niveau des citoyens", estime le vainqueur.
Gaby Charroux pour préserver “le bouclier martégal”
Avec une liste renouvelée à 53% pour ce scrutin municipal, l’édile de 83 ans veut maintenir ce qu’il nomme “le bouclier martégal”. L’objectif est de préserver “un rempart contre la précarité et la baisse du pouvoir d’achat, un moteur d’innovation en matière de santé et de services publics destinés à la population”, précise son programme.
Gaby Charroux revendique la stabilité financière conservée pour ses administrés. “Nous n'avons pas augmenté les impôts. Notre impôt foncier demeure parmi les plus bas du département”, se félicite-t-il. Le maire sortant ambitionne également de donner une grande place à la jeunesse. Le programme prévoit par exemple une aide financière pour le permis de conduire ou encore la mise en place d’un accès renforcé à la culture sur le modèle de la gratuité des CIS (centres d'initiation sportive).
Les ambitions sécuritaires
d’Emmanuel Fouquart et Jean-Luc Di Maria
Comme dans de nombreuses communes, le Rassemblement national a poussé son député à briguer la mairie de Martigues. “C’est moi qui ai demandé à être candidat. Je voulais mener cette campagne”, rassure Emmanuel Fouquart.
Double alternative à gauche avec
Frédéric Grimaud et Anne-Marie Sudry
Les deux anciens élus de la majorité sortante s’élancent dans la bataille, chacun de son côté. Frédéric Grimaud et son “Collectif Citoyen Martégal” (CCM) s’inscrivent comme une liste ancrée à gauche. Élu d'opposition LFI à Martigues, il mène une “liste citoyenne composée pour 2/3 de candidats n'adhérant à aucun parti et pour 1/3 de candidats adhérant à : Les Écologistes, La France insoumise, le Partit Occitan et le Parti Pirate.”
Bien qu’étiquetée divers gauche par la préfecture, la liste d’Anne-Marie Sudry a pour numéro 2 le macroniste Thierry Boissin. Représentant du MoDem et LREM (puis ses déclinaisons) ces dernières années à Martigues, Thierry Boissin avait rejoint la liste du LR Jean-Luc Di Maria pour les élections municipales de 2020.
Les deux listes ambitionnent de repenser l’exercice politique et démocratique à Martigues. “La gestion de la ville ne peut être réservée à quelques professionnels de la politique”, estime la numéro 2 du CCM, Barbara Brouchos. Pour empêcher cela, le CCM propose la mise en place de référendums d'initiative citoyenne, des conventions citoyennes, de budgets participatifs pour les quartiers…
De son côté, Anne-Marie Sudry prévoit de “mieux gérer cette ville et surtout avec une méthode et une grande équité”. Elle insiste sur sa volonté de “transparence de la gestion. Chaque euro dépensé doit être expliqué et argumenté.”
Quelle stratégie au second tour ?
Quel jeu d’alliance se déclenchera le soir du 15 mars, à l'issue du premier tour ? A droite de l'échiquier, difficile de lire entre les lignes du candidat Jean-Luc Di Maria. En 2020, il n’avait pas mâché ses mots pour ériger le cordon sanitaire contre l’extrême droite : "Qu'on l'entende bien, je dis bien que jamais, je n'accepterai aucun rapprochement avec le Rassemblement national."
Mais six ans plus tard, au micro de Maritima, l’entrepreneur martégal entretient le doute. Plus question de s’opposer frontalement à l’extrême droite. Sans affirmer, ni infirmer quelconque positionnement, l'élu répète qu'il ne "s'interdit rien". Emmanuel Fouquart, lui aussi, ne ferme aucune porte à Jean-Luc Di Maria : “on verra à l‘issue du premier tour”.
A gauche, le Rassemblement national reste l’ennemi numéro 1. Anne-Marie Sudry l’assume : “nous combattons de toutes nos forces le RN avec ses idées. Vous savez quand un parti fait lien social avec la haine, on ne peut pas admettre ça”. Même position pour Frédéric Grimaud et le CCM : “on ne veut pas faire gagner le Rassemblement national, ça c’est sûr et certain !”