L’Office de
tourisme de Martigues
a repris les visites
sur les vestiges
militaires de la commune,
commentées par Alain Croce et Jean-Pierre Jéhan de
l’association Histoire Mémoire Patrimoine Provence. Des fortifications qui
racontent la stratégie de défense des Allemands en 1943.
Dans les hauteurs de Martigues, sur le chemin du Vallon de Cavallas, la commune porte les traces du passage des Allemands entre 1943 et 1944. 250 blockhaus, certains enfouis sous la terre, témoignent des stratégies des soldats pendant la Seconde Guerre mondiale.
Martigues fut libérée le 21 août 1944. Photo DR
Grâce à Alain Croce, spécialiste
de l’histoire des fortifications, et Jean-Pierre Jéhan, président de l’association Histoire Mémoire Patrimoine Provence, il est
possible d’en explorer certains, encore visibles, lors de visites guidées
organisées par l’Office de tourisme de Martigues. Les deux passionnés
d’histoire militaire accompagnent des groupes de 20 personnes maximum à la
découverte de ces vestiges qui façonnent l’histoire de la région.
Une vision panoramique
Sur ce parcours de 4,7 km,
des bunkers servaient de postes d’observation, de tirs, de stockage de
munitions. Du haut de cette colline, les fantassins avaient une vision
panoramique sur la rade de Marseille, la côte bleue, le golfe de Fos, jusqu’à
la Camargue. Une lourde artillerie était cachée ici. "Les
Allemands, pour armer ici et la côte de l’Atlantique, ils ont raflé des canons
partout. On a des canons italiens, russes, français, yougoslave, même
Anglais", explique Alain Croce. Surnommé, "le Südwall", en
référence à "l’Atlantikwall" (le mur de l’Atlantique), cet
emplacement stratégique protégeait les plages d’éventuelles attaques par la mer
ainsi que le flanc ouest du Port de Marseille.
Le groupe s’arrête en premier
lieu au poste de commandement de tirs, une ruine de ferme à quelques mètres
servait d’appât. "Le canon le plus à droite, c’est le
numéro 1, et ainsi de suite", montre le guide aux
randonneurs. "Là, vous avez la sellette, avec la plateforme qui
tourne, là, vous avez le rail qui va servir à amener l’obus",
ajoute-t-il, devant les vestiges d’une enclave à canon. Le dispositif mesure
9,43 m et pèse 40 tonnes en état de tir, précise-t-il.
Tranchée et transport de munitions
Ce poste de défense méconnu et pourtant central,
fascine Alain Croce. À quelques pas de l’ancien moulin de Jérôme Verland,
meunier en 1830, il s’arrête devant un étrange escalier géant.
L’installation relie le bas de la colline à la cuve à canon entourée de bunkers.
Sur ces marches, jadis, était
installé un rail qui permettait le transport de matériel, des munitions
notamment : des obus de 135 kg et des sacs de poudre de 40 kg
transportés sur 33 km pour tirer dans un champ de 360 degrés. "On
ne comprenait pas pourquoi les marches étaient inégales, en fait c’est parce
que ce n’était pas un escalier !", explique-t-il. Une tranchée
bien visible traverse également le tracé.
Aujourd’hui, a priori, plus d’obus sur le chemin, rassure le
retraité, mais "si vous trouvez une munition, vous la balisez et
prévenez la gendarmerie. Vous ne les touchez pas, car plus une munition est
ancienne, plus ses systèmes de sécurité sont corrodés", souligne-t-il.
Le groupe, ravi, repart tout sourire riche des anecdotes des deux passionnés.
Les prochaines visites des
vestiges militaires de Martigues auront lieu jeudi 23 avril, jeudi
22 octobre, et jeudi 19 novembre 2026 de 14h à 16h. Tarif
unique : 6 € ; réservation sur martigues-tourisme.com ou au
04 42 42 31 10.