mardi 24 février 2026

visites sur les vestiges militaires de la commune,

 

L’Office de tourisme de Martigues

a repris les visites

sur les vestiges militaires de la commune,



commentées par Alain Croce et Jean-Pierre Jéhan de l’association Histoire Mémoire Patrimoine Provence. Des fortifications qui racontent la stratégie de défense des Allemands en 1943.

Dans les hauteurs de Martigues, sur le chemin du Vallon de Cavallas, la commune porte les traces du passage des Allemands entre 1943 et 1944. 250 blockhaus, certains enfouis sous la terre, témoignent des stratégies des soldats pendant la Seconde Guerre mondiale.

Martigues fut libérée le 21 août 1944. Photo DR

Grâce à Alain Croce, spécialiste de l’histoire des fortifications, et Jean-Pierre Jéhan, président de l’association Histoire Mémoire Patrimoine Provence, il est possible d’en explorer certains, encore visibles, lors de visites guidées organisées par l’Office de tourisme de Martigues. Les deux passionnés d’histoire militaire accompagnent des groupes de 20 personnes maximum à la découverte de ces vestiges qui façonnent l’histoire de la région.

Une vision panoramique

Sur ce parcours de 4,7 km, des bunkers servaient de postes d’observation, de tirs, de stockage de munitions. Du haut de cette colline, les fantassins avaient une vision panoramique sur la rade de Marseille, la côte bleue, le golfe de Fos, jusqu’à la Camargue. Une lourde artillerie était cachée ici. "Les Allemands, pour armer ici et la côte de l’Atlantique, ils ont raflé des canons partout. On a des canons italiens, russes, français, yougoslave, même Anglais", explique Alain Croce. Surnommé, "le Südwall", en référence à "l’Atlantikwall" (le mur de l’Atlantique), cet emplacement stratégique protégeait les plages d’éventuelles attaques par la mer ainsi que le flanc ouest du Port de Marseille.



Le groupe s’arrête en premier lieu au poste de commandement de tirs, une ruine de ferme à quelques mètres servait d’appât. "Le canon le plus à droite, c’est le numéro 1, et ainsi de suite", montre le guide aux randonneurs. "Là, vous avez la sellette, avec la plateforme qui tourne, là, vous avez le rail qui va servir à amener l’obus", ajoute-t-il, devant les vestiges d’une enclave à canon. Le dispositif mesure 9,43 m et pèse 40 tonnes en état de tir, précise-t-il.

Tranchée et transport de munitions

Ce poste de défense méconnu et pourtant central, fascine Alain Croce. À quelques pas de l’ancien moulin de Jérôme Verland, meunier en 1830, il s’arrête devant un étrange escalier géant. L’installation relie le bas de la colline à la cuve à canon entourée de bunkers.

Sur ces marches, jadis, était installé un rail qui permettait le transport de matériel, des munitions notamment : des obus de 135 kg et des sacs de poudre de 40 kg transportés sur 33 km pour tirer dans un champ de 360 degrés. "On ne comprenait pas pourquoi les marches étaient inégales, en fait c’est parce que ce n’était pas un escalier !", explique-t-il. Une tranchée bien visible traverse également le tracé.

Des rails étaient fixés sur cet escalier géant, pour transporter des munitions. Photo DR

Aujourd’hui, a priori, plus d’obus sur le chemin, rassure le retraité, mais "si vous trouvez une munition, vous la balisez et prévenez la gendarmerie. Vous ne les touchez pas, car plus une munition est ancienne, plus ses systèmes de sécurité sont corrodés", souligne-t-il. Le groupe, ravi, repart tout sourire riche des anecdotes des deux passionnés.

Les prochaines visites des vestiges militaires de Martigues auront lieu jeudi 23 avril, jeudi 22 octobre, et jeudi 19 novembre 2026 de 14h à 16h. Tarif unique : 6 € ; réservation sur martigues-tourisme.com ou au 04 42 42 31 10.

 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Plages des Laurons