Martigues, une ville menacée par le changement climatique
Sécheresse,
canicule, feux de forêt,
montée des eaux,
inondation…
Selon "Le
Parisien", la Venise provençale est la 8e ville de France la plus menacée
par le changement climatique.
Jérôme Sambussy, référent au climat et au changement climatique dans
la région sud-est à Météo-France, dévoile pourquoi. Décryptage.
Dans son édition du 18 août 2025, le journal Le
Parisien a classé Martigues comme la 8e ville de France la plus menacée
par le changement climatique. Le journal a obtenu ce classement à partir d’une
trentaine de paramètres météo et climatiques (températures moyennes et
maximales, nombre de nuits tropicales à venir, risque de submersion
marine, etc.). Marseille prend la 3e place de ce classement, Avignon la
4e, Arles la 5e et Marignane la 6e.
Le Parisien s’est appuyé sur les données de Météo-France et sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique. "Le résultat est assez représentatif des menaces pesant sur notre commune", a résumé Jérôme Sambussy, militant de l’association Alternatiba ouest étang de Berre, qui lutte contre le changement climatique, et surtout référent au climat et au changement climatique dans la région sud-est à Météo-France.
"On est obligé d’être inquiet."
"Le poids des risques de feux de forêt, de la surface de la
commune sous un mètre d’altitude, l’intensité maximale des précipitations, tous
les critères de fortes chaleurs et du nombre de nuits tropicales (associées
aux canicules), des jours de sécheresse des sols (associés au
risque de fissures sur les bâtiments et aux difficultés pour l’agriculture) plombent
notre bilan communal."
Selon ce spécialiste martégal du climat,
il est indéniable que la commune concentre beaucoup de risques liés au
changement climatique en cours, comme la submersion marine liée à la montée des
eaux. "Martigues est une commune bâtie sur l’eau, comme Sète (première
au classement du Parisien). On est obligé d’être inquiet.
Si l’eau monte d’un mètre à l’horizon 2100, ça veut dire que
tout le quartier de l’Île a les pieds dans l’eau. Il est absolument nécessaire
de trouver des solutions pour éviter ça et faire en sorte que Martigues reste
une ville agréable."
"La ville concentre beaucoup de risques liés au
changement climat
D’après lui, la sécheresse (qui a un impact sur l’agriculture, les écosystèmes naturels et les bâtiments) et les fortes températures (qui présente un impact sur la santé) en Méditerranée vont aggraver le changement climatique à Martigues. "Elle est, en plus, dans une zone très exposée au mistral. C’est le troisième critère qui donne un risque maximal de feux de forêt. Les incendies vont augmenter vu que le terrain est favorable. Les canicules deviennent plus fréquentes et intenses dans la zone méditerranéenne", estime cet enseignant en météorologie à la base aérienne de Salon-de-Provence.
Ce feu a été fixé après 24 heures de combat. Si aucune maison n’a
totalement brûlé, certaines ont été endommagées. / PHOTO PHILIPPE
LAURENSON
Avant de poursuivre : "Il y
a aussi le risque d’inondation lié aux épisodes méditerranéens en hausse.
Les fortes pluies de fin d’été et début automne sont plus intenses et plus
fréquentes. Avec la multiplication de l’ampleur et de la durée des sécheresses,
le fait qu’il y ait des moments avec beaucoup de pluie et de sécheresse, ça
impacte les bâtiments et provoque des fissures. C’est une vulnérabilité de
plus. L’addition de tous ces éléments fait que la ville concentre beaucoup de
risques liés au changement climatique. On peut discuter des coefficients des
critères utilisés par Le Parisien mais Martigues reste l’une
des communes les plus exposées."
Pour Jérôme Sambussy, il faut essayer
d’atténuer le risque et l’ampleur du changement climatique à travers
l’atténuation. "Limiter nos émissions de gaz à effet de serre doit être
une priorité." Comment ? "En favorisant les mobilités douces et les transports en commun, en ayant
moins de voitures. Le deuxième axe est l’adaptation. Il faut créer des îlots de
fraîcheur en ville face aux canicules, concevoir des plans d’urbanisme qui
prennent en compte la montée des eaux, installer des panneaux solaires sur les
toits des bâtiments municipaux…"