lundi 2 février 2026

Martigues, une ville menacée par le changement climatique

 

Martigues, une ville menacée par le changement climatique

Sécheresse, canicule, feux de forêt,

montée des eaux, inondation…

Selon "Le Parisien", la Venise provençale est la 8e ville de France la plus menacée par le changement climatique.

Jérôme Sambussy, référent au climat et au changement climatique dans la région sud-est à Météo-France, dévoile pourquoi. Décryptage.


Dans son édition du 18 août 2025, le journal Le

Parisien a classé Martigues comme la 8e ville de France la plus menacée par le changement climatique. Le journal a obtenu ce classement à partir d’une trentaine de paramètres météo et climatiques (températures moyennes et maximales, nombre de nuits tropicales à venir, risque de submersion marine, etc.). Marseille prend la 3e place de ce classement, Avignon la 4e, Arles la 5e et Marignane la 6e.


Le Parisien s’est appuyé sur les données de Météo-France et sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique. "Le résultat est assez représentatif des menaces pesant sur notre commune", a résumé Jérôme Sambussy, militant de l’association Alternatiba ouest étang de Berre, qui lutte contre le changement climatique, et surtout référent au climat et au changement climatique dans la région sud-est à Météo-France.

"On est obligé d’être inquiet."

"Le poids des risques de feux de forêt, de la surface de la commune sous un mètre d’altitude, l’intensité maximale des précipitations, tous les critères de fortes chaleurs et du nombre de nuits tropicales (associées aux canicules), des jours de sécheresse des sols (associés au risque de fissures sur les bâtiments et aux difficultés pour l’agriculture) plombent notre bilan communal."

Selon ce spécialiste martégal du climat, il est indéniable que la commune concentre beaucoup de risques liés au changement climatique en cours, comme la submersion marine liée à la montée des eaux. "Martigues est une commune bâtie sur l’eau, comme Sète (première au classement du Parisien). On est obligé d’être inquiet. Si l’eau monte d’un mètre à l’horizon 2100, ça veut dire que tout le quartier de l’Île a les pieds dans l’eau. Il est absolument nécessaire de trouver des solutions pour éviter ça et faire en sorte que Martigues reste une ville agréable."

"La ville concentre beaucoup de risques liés au changement climat


D’après lui, la sécheresse (qui a un impact sur l’agriculture, les écosystèmes naturels et les bâtiments) et les fortes températures (qui présente un impact sur la santé) en Méditerranée vont aggraver le changement climatique à Martigues. "Elle est, en plus, dans une zone très exposée au mistral. C’est le troisième critère qui donne un risque maximal de feux de forêt. Les incendies vont augmenter vu que le terrain est favorable. Les canicules deviennent plus fréquentes et intenses dans la zone méditerranéenne", estime cet enseignant en météorologie à la base aérienne de Salon-de-Provence.

Ce feu a été fixé après 24 heures de combat. Si aucune maison n’a totalement brûlé, certaines ont été endommagées. / PHOTO PHILIPPE LAURENSON

Avant de poursuivre : "Il y a aussi le risque d’inondation lié aux épisodes méditerranéens en hausse. Les fortes pluies de fin d’été et début automne sont plus intenses et plus fréquentes. Avec la multiplication de l’ampleur et de la durée des sécheresses, le fait qu’il y ait des moments avec beaucoup de pluie et de sécheresse, ça impacte les bâtiments et provoque des fissures. C’est une vulnérabilité de plus. L’addition de tous ces éléments fait que la ville concentre beaucoup de risques liés au changement climatique. On peut discuter des coefficients des critères utilisés par Le Parisien mais Martigues reste l’une des communes les plus exposées."

Pour Jérôme Sambussy, il faut essayer d’atténuer le risque et l’ampleur du changement climatique à travers l’atténuation. "Limiter nos émissions de gaz à effet de serre doit être une priorité." Comment ? "En favorisant les mobilités douces et les transports en commun, en ayant moins de voitures. Le deuxième axe est l’adaptation. Il faut créer des îlots de fraîcheur en ville face aux canicules, concevoir des plans d’urbanisme qui prennent en compte la montée des eaux, installer des panneaux solaires sur les toits des bâtiments municipaux…"

 


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