vendredi 27 février 2026

Débat Municipales à Martigues

 

Débat Municipales à Martigues :

stationnement, plages, impôts...

les réponses des candidats aux questions du public


Les candidats ont répondu aux questions du public.

En toute fin de débat des municipales organisé par La Provence à Martigues mercredi 25 février, le public a eu la possibilité d'interroger tous les candidats. Les sujets ont été multiples.

Monique Ulpat, administratrice de la MJC, a souhaité connaître les projets des candidats pour cette institution. Jean-Luc Di Maria (DVD) estime que la MJC "a besoin d'être un peu dépoussiérée avec une autre programmation". Il promet de lui donner "un autre cap, sans idéologie". Le candidat évoquait "un groupe féministe auquel les hommes n'étaient pas invités." Emmanuel Fouquart (RN) a rappelé qu'il avait toujours voté "contre le budget à cause de l'idéologie qu'elle véhicule". Lui, citait "une expo sur 'la police tue'", estimant que "ça n'a rien à faire dans une MJC. Il faudra rester neutre et vous concentrer sur la culture des jeunes, sans idéologie politique". Frédéric Grimaud (LFI), à l'inverse, plaidait pour que la MJC reste "un lieu de débats sociétaux qui permet aux gens de se parler entre eux".

Anne-Marie Sudry (DVG) considère que la MJC fait "un travail formidable pour la jeunesse, il faut l'accompagner encore". Jean-Louis Gilles, qui tenait le commerce Gaudissard-Castelli à Jonquières, s'est désolé de voir mourir le centre-ville qui lui semble "complètement perdu. À côté, Salon a progressé. Rendez-vous compte, la Ville a refusé un club Med ! Alors j'attends un changement rapide."

"Le bien nommé festival des Fadas"

Sophie Pondjiclis, artiste lyrique, se souvenant de l'épisode Covid qui aurait laissé dans les esprits la notion que la culture ne serait pas essentielle, voulait entendre ce que les candidats prévoyaient pour en faire un "vecteur de rayonnement". Anne-Marie Sudry a rappelé la présence du musée, "la possibilité de faire des festivals, de faire connaître les artistes via des résidences. Ce n'est pas ce qui est fait à Martigues et cela manque de diversité. Toujours les mêmes choses." Et de tacler : "Comme le bien nommé festival Les Fadas, qui coûte une fortune. Mais la culture est un levier fondamental." Frédéric Grimaud estime qu'il faut "diversifier l'offre d'initiation, et permettre de se spécialiser en proposant un pass culture martégal pour la jeunesse".

Emmanuel Fouquart, considère, lui, que les outils existent déjà : "Il faut faire fonctionner, accompagner les professionnels et réaliser des animations en centre-ville. Proposer aux artistes de se produire dans le cœur de ville." Jean-Luc Di Maria veut privilégier "l'identité martégale, autour de la mer, nos rameurs, nos jouteurs, nos fêtes vénitiennes mal réinventées". Il a pointé la Scène nationale des Salins, "trop élitiste mais subventionnée par la Ville à hauteur de 1,2 million d'euros par an sans qu'on ait notre mot à dire !"

"No parking, no business !"

Pierre Santiago, commerçant à Ferrières, voulait entendre les solutions pour améliorer le stationnement, relevant des difficultés accrues les jours de pratique du culte musulman dans la rue du Peuple. "No parking, no business, a répété Jean-Luc Di Maria. On a fait un théâtre de verdure qui a supprimé 150 places, sans consulter les commerçants ! La mosquée dans la rue du Peuple est là depuis 50 ans. Les musulmans ont besoin d'un autre lieu. La Mairie leur avait promis mais ne l'a pas fait sur une parcelle pourtant réservée il y a 41 ans. Moi je le ferai !" Même constat pour le candidat RN qui propose, outre le parking de la piscine, de réaménager aussi le champ à Mathieu. À cela, le candidat Insoumis, tout comme Anne-Marie Sudry, ajoute le développement des mobilités douces et des navettes permettant de se garer ailleurs que dans le centre.

Estelle Lopez, commerciale, a demandé à chacun quelles décisions concrètes ils et elle mettraient en œuvre la première année. Anne-Marie Sudry agirait sur le pouvoir d'achat "en créant une mutuelle municipale, d'une assurance habitation également municipale et des achats groupés d'énergie", trois mesures "mises en place dans les six mois". Frédéric Grimaud veut privilégier la mise en place de structures participatives, "instaurer des référendums d'initiative citoyenne". Emmanuel Fouquart fera "un audit des comptes" et "dynamisera" le centre-ville. Pour Jean-Luc Di Maria, la sécurité "est primordiale", il souhaite donc donner aux policiers municipaux les moyens de travailler.

"La plage doit rester populaire"

Thierry Nastro, ancien patron d'un bar sur le Cours, s'est inquiété, lui, des incivilités grandissantes sur les plages de Carro et La Couronne. Jean-Luc Di Maria a rappelé que, "depuis 10 ans", il demande "des compagnies régionales de sécurité à la place des sapeurs-pompiers, sans succès." Emmanuel Fouquart estime, lui, qu'il est impératif de "faire respecter toutes les interdictions déjà en vigueur sur les plages", et propose "des patrouilles de réservistes de la police nationale". "Les incivilités doivent être verbalisées", assure Frédéric Grimaud, "mais la plage doit rester populaire". Anne-Marie Sudry fera réaliser "une étude" pour mesurer la présence suffisante ou non, des agents de police.

À la question de Francis Lopez, ancien élu d'opposition, sur les impôts fonciers, bien sûr, tous les candidats ont promis de ne pas les augmenter à l'exception de Frédéric Grimaud, qui a préféré "ne pas s'avancer" sur ce sujet, considérant, "au regard des budgets de plus en plus restreints", qu'il était prématuré de faire une quelconque promesse.

Débat Municipales à Martigues :

les solutions des candidats

pour endiguer l’insécurité


    Lors du débat des municipales organisé par La Provence à Martigues mercredi 25 février, les quatre candidats se sont saisi du sujet de la sécurité, marquant des positions bien différentes entre les deux couleurs politiques en course.

    De l'aveu de beaucoup de Martégaux, la sécurité s'est aggravée ces derniers mois. La présence de quelques points de deal à Notre-Dame-des-Marins notamment, cristallise les peurs et les inquiétudes. Plusieurs saisies d'armes et de drogues ont été réalisées, deux règlements de comptes ont endeuillé la ville. Que comptent faire les candidats pour améliorer la situation ?



Pour Frédéric Grimaud, l'accent est à mettre sur "la sécurité industrielle, face au dérèglement climatique, aux incendies, à la montée des eaux""On ne peut pas circonscrire l'insécurité à la question de la drogue", insiste-t-il. "On propose une délégation au droit des enfants", annonce-t-il, rappelant que "A Martigues entre 100 et 200 enfants par an sont victimes de violences sexuelles, physiques". "On oublie souvent le volet de la prévention, la lutte contre les addictions, en renforçant le système médico-social, c'est comme ça que je prétends aborder le problème", exprime-t-il.

Emmanuel Fouquart souhaite augmenter les effectifs de la police municipale, mais "les doubler, je ne pense pas", nuance-t-il. Selon lui, il faut surtout "un réseau de caméras efficace""Dire qu'il faut en mettre de partout, on ne peut pas, et ça ne sert a rien, il faut des points bien précis", souligne le candidat, ciblant les axes d'entrée de la commune avec des lecteurs de plaques d'immatriculation. "Le sentiment d'insécurité est grandissant et légitime", soutient-il. Face à ce constat, le politique propose la formation des agents sur le sujet des femmes battues ainsi que la construction d'un foyer d'accueil pour les femmes victimes de violence.

L'instauration d'une brigade équestre pour patrouiller dans les massifs 

Jean-Luc Di Maria, toujours aussi ferme sur le sujet, a réaffirmé sa volonté de "doubler les effectifs de police sur le terrain""Ce n'est pas Marseille, mais ça risque de le devenir", déclare-t-il, et ajoute, "ça coûtera ce que ça coûtera, on fera des économies ailleurs".

Anne-Marie Sudry préfère "revoir l'organisation de la police avant d'augmenter les effectifs". La candidate envisage l'instauration d'une brigade équestre, capable, notamment, de patrouiller dans les massifs pour "participer à la prévention des incendies""La garde républicaine peut donner des chevaux et la Fondation de France peut participer à financer cette brigade", appuie-t-elle. Par ailleurs, elle évoque le recrutement "d'éducateurs de rue", pour faire de la prévention auprès des jeunes Martégaux. "La sécurité est un sujet grave sur lequel on ne peut pas amener des réponses simplistes", formule la candidate.

 Municipales à Martigues :

la problématique des logements sociaux indignes soulevée par les candidats lors du débat

Problèmes de chauffage, cafards, manque d’entretien, d’eau chaude et de réponse… L’entretien des logements sociaux pose problème à Martigues. En 2024, deux immeubles ont même dû être démolis à Notre-Dame des Marins car leurs structures avaient bougé. La ministre déléguée chargée de la Ville de l’époque, Juliette Méadel, avait poussé une "soufflante" à 13 Habitat qui ne prenait pas en compte assez vite les doléances des habitants.

"Notre premier devoir est de donner des logements dignes aux personnes, affirme Anne-Marie Sudry, l’élue qui a quitté la majorité il y a quelques mois. On proposera une charte établie entre les bailleurs sociaux, les habitants et les élus, afin de fixer des délais d’intervention, des objectifs annuels de rénovation, un droit d’alerte des locataires. Ils auront aussi un lieu où ils pourront exprimer leurs doléances à la mairie. Les bailleurs sociaux s’engageront à faire un suivi des travaux et à répondre aux habitants."

Emmanuel Fouquart, député de la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône, a rencontré une famille aux 4-Vents, qui vit dans un logement infesté de cafards. L’ancien conseiller municipal a demandé qu’elle soit relogée. "Aux réunions de quartier, c’est à chaque fois les mêmes reproches qui restent sans réponse, lâche-t-il. Il faut que l’élu en charge des logements et des quartiers fasse son travail. Il faut de la volonté, aller au bout des choses. La majorité vit sur ses acquis et le maire a repoussé 900 000 € de travaux."

Vers la création d'un bureau municipal du logement ?

Pour Jean-Luc Di Maria, "le parc immobilier est vieillissant et abîmé. Rien n’a été fait sur ces logements, ces dernières années. Le seul moyen de faire avancer les choses est d’enlever l’abattement de 30% sur le foncier (soit 130 000 €), comme l’a fait la ministre à 13 Habitat sur les logements sociaux de Notre-Dame des Marins." De son côté, Frédéric Grimaud propose la création d’un bureau municipal du logement. "Nos colistiers habitent dans ces logements sociaux pour mieux défendre les habitants."

Par ailleurs, la ville dispose d’environ 32% de logements sociaux, soit plus que les 25% obligatoires. Alors en faut-il toujours plus ? "Il y a besoin de logements sociaux, donc il faut en construire, répond Frédéric Grimaud. Mais il faut construire des bâtiments écologiquement soutenables, augmenter la transparence sur leur attribution et avoir des règles très strictes. Il faut un accueil de nuit, un dispositif d’urgence pour que personne ne dorme dehors."

Jean-Luc Di Maria compte, lui, arrêter d’en construire. "Et si, demain, on doit reprendre le logement social, c’est parce qu’on aura détruit le logement indigne et on les remplacera. Nous sommes aussi pour l’accession à la propriété", ajoute-t-il. "S’il faut continuer à en construire, on le fera. Il y a 12 000 demandes de logements sociaux à Martigues", précise Anne-Marie Sudry.

"Redonner aux citoyens un pouvoir de contrôle permanent"

Selon Emmanuel Fouquart, "le chantier le plus important est de rénover. On a aussi les projets sur la zone industrielle de Fos et le plan de prévention des risques d’incendies de forêts qui vient contraindre nos capacités de construction. C’est un équilibre à trouver. Puis on a une lenteur administrative des projets. Il faudra du temps."

Enfin, comment faire pour qu’il n’y ait plus d’affaire Semivim (dans laquelle le maire Gaby Charroux est mis en examen pour favoritisme) ? D’après Jean-Luc Di Maria, "il faut être très prudent, instaurer des règles de probité et un conseil de surveillance. Le président de la commission d’appel d’offres sera un opposant". Anne-Marie Sudry a l’intention, elle, de faire entrer des élus de l’opposition dans les commissions pour qu’ils aient un œil attentif sur l’attribution des logements. Frédéric Grimaud veut, quant à lui, "déconcentrer les pouvoirs et redonner aux citoyens un pouvoir de contrôle permanent pour qu’ils participent à toutes les commissions". Pour Emmanuel Fouquart, "tous les mis en cause sont du Parti communiste". Son intention est d’introduire, dans les commissions, des "places pour l’opposition afin d’avoir des garde-fous qui surveillent".


Débat Municipales 2026 à Martigues :

le déclin du centre-ville, un enjeu majeur de campagne pour tous les candidats

Lors du débat des municipales organisé par La Provence, les candidats ont croisé leurs visions entre redynamisation commerciale, environnement et avenir industriel du territoire.

Avant même que la question ne soit officiellement posée, le manque d’attractivité du centre-ville s’invite dans le débat des municipales 2026 organisé par La Provence à la Villa Khariessa, hier soir. "L’état de la ville ne va plus du tout… Il y a un vrai manque de dynamisme", regrette le député RN et candidat, Emmanuel Fouquart, tiré au sort pour se présenter en premier. Pour lui, redynamiser le centre-ville passe par la préemption des commerces vacants. "Un outil utilisé sous le mandat 2014-2020 de Gaby Charroux puis abandonné." L’objectif : accompagner les commerçants, mais aussi encadrer certaines implantations. "Lesquelles ?", interroge Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de La Provence. "Les commerces ouverts 24h/24, les barbiers", répond le député.

Après deux mandats passés au sein de la majorité, Anne-Marie Sudry (DVG) plaide quant à elle pour "un nouveau souffle pour Martigues" et interroge : "Avec un budget de 147 millions d’euros, pourquoi les habitants ont-ils le sentiment que la ville se dégrade ?" Désormais dans l’opposition, elle propose la création d’un office du commerce et de l’artisanat pour redynamiser le tissu local : loyers avec option d’achat, animations, aides aux PME pour favoriser de nouvelles implantations… Avec aussi, la création d’une maison méditerranéenne de l’image et du cinéma.

La tête de liste du collectif citoyen martégal, Frédéric Grimaud (LFI), le martèle. Sa volonté : "Réfléchir à comment faire de la politique autrement". Estimant le constat d'"un centre-ville mort" difficile à entendre, il préfère l’analyser à l’aune des transformations globales : e-commerce, grandes surfaces, évolution des mobilités… Aussi, le candidat rappelle la nécessité de penser le commerce dans les quartiers et non pas que dans le centre. Face à la complexité du sujet : "Posez la même question à deux commerçants, vous aurez deux réponses différentes", il propose une convention citoyenne pour traiter collectivement la question. Et de prévoir enfin l’organisation d’événements populaires pour attirer.

Si la volonté d’élargir les initiatives aux quartiers est saluée par Jean-Luc Di Maria (DVD), le chef d’entreprise pointe toutefois un manque de solutions concrètes. "Il faut éveiller la curiosité pour notre ville, avec des projets ambitieux. Prendre ce qui fonctionne ailleurs." "No parking, no business", pose-t-il, proposant un parking sur l’Ile et la création d’une passerelle reliant l’Île à Jonquières. Emmanuel Fouquart tempère : une passerelle dépendrait du Grand Port de Marseille, ce qui rendrait le projet incertain. Grimaud conteste l’équation "pas de parkings, pas de commerces". Il plaide pour un centre-ville plus piéton et des parkings en périphérie, afin de favoriser les mobilités douces. Anne-Marie Sudry abonde : un parking supplémentaire reviendrait à "bétonner encore plus la ville".

Étang de Berre : comment le valoriser ?

Dans une ville industrielle, comment articuler développement économique et environnement ? Anne-Marie Sudry propose "une concertation entre les industriels et les habitants pour plus de transparence sur la pollution". Frédéric Grimaud rappelle que la zone de Fos-sur-Mer va continuer à croître dans la décennie. "Le défi est de taille" et, tout en sécurisant l’emploi, l’enjeu reste la protection de l’environnement et la santé publique. "Cela fait 40 ans qu’on travaille sur le sujet", souffle Di Maria, expliquant qu’un maire ne peut contraindre seul les grandes entreprises et que l’industrie demeure la principale source d’emplois du territoire.

La question de la valorisation de l’étang de Berre s’inscrit dans cette réflexion. Faut-il relancer la piste de l’Unesco ? Pour Jean-Luc Di Maria, l’étang reste un potentiel sous-exploité. Il veut valoriser les fonds marins et "redonner de l’espoir" à cet espace qu’il entend "exploiter". Le terme fait réagir Grimaud, qui préfère parler de préservation. Il y imagine une piscine de nage en eau libre, des activités nautiques, et surtout des leviers de production énergétique.

Anne-Marie Sudry met, elle, en avant un aménagement plus attractif de la plage de Ferrières et la création d’une école des métiers de la mer. Emmanuel Fouquart, qui avait voté contre la candidature Unesco, veut "simplement protéger l’écosystème tel qu’il est" et aborde les algues qui s’accumulent l’été, dégradant les plages. Plutôt que de les enfouir en déchèterie, il préfère un partenariat avec une entreprise qui les transforme en billes de plastique recyclé.

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