samedi 21 mars 2026

les trois candidats livrent leurs ressentis à La Proven

 

Municipales 2026 à Martigues : après un premier tour serré, les trois candidats livrent leurs ressentis à La Provence

Par Léa CORNU

Martigues

Trois candidats, des résultats serrés et 16 000 abstentionnistes : lors du débat organisé par La Provence, Gaby Charroux (DVG), Emmanuel Fouquart (RN) et Jean-Luc Di Maria (DVD) ont livré leurs analyses d’un premier tour plus ouvert que jamais, entre tensions et appels à la mobilisation.

Calme, concentré, Gaby Charroux (DVG) observe, encaisse parfois, et choisit ses mots. Face à lui, Emmanuel Fouquart (RN), fidèle à lui-même, est impassible. Jean-Luc Di Maria (DVD), plus expressif que son adversaire d’extrême droite, n’hésite pas à rentrer dans le lard. Ce jeudi, lors du débat organisé par La Provence, les trois candidats qualifiés pour le second tour ont livré leur lecture d’un premier tour marqué par une participation en baisse et des écarts resserrés.

 

De gauche à droite Jean-Luc Di Maria, Emmanuel Fouquart et Gaby Charroux, ce jeudi, en débat à La Provence / Photo Patrick Lepicouche

Le maire sortant, arrivé en tête avec 35,71% des voix, a d’abord insisté sur le contexte. "La campagne est longue et complexe… Je l’ai ressenti plus que jamais." La configuration, avec cinq listes présentées aux Martégaux, est inédite selon lui. "Quand on a cinq candidats dans une ville d’un peu moins de 50 000 habitants, c’est beaucoup. Ça morcelle et ça complexifie les choses." Pour lui, le premier enseignement reste le niveau de participation : "57,59%… Très sincèrement, je pensais qu’on serait entre 60 et 65%, à Martigues c’est habituellement plus élevé." Et d’évoquer aussi une forme de lassitude chez la population. "La chose publique est en train de lasser. Entre le contexte international, la guerre en boucle, les difficultés économiques, les gens sont inquiets et se désintéressent."

À ses côtés, Emmanuel Fouquart (RN), deuxième avec 28%, assume une campagne perturbée par ses obligations de député. "J’ai eu le marathon budgétaire à Paris pour qu’au final cela se termine avec un 49.3…", se désole-t-il, rappelant son objectif : "L’intérêt des Martégaux, pas celui d’un parti ou d’une idéologie." Confiant malgré son retard, il mise sur les 16 000 abstentionnistes, "dommageable" selon lui.

Troisième homme du scrutin avec 25,34%, Jean-Luc Di Maria. Contrairement aux deux autres, la campagne fut pour lui, "un très bon moment", permettant d’être au plus près de la population. Et de tacler ainsi le candidat RN. "Moi je suis élu, chef d’entreprise avec 50 salariés, mais je ne me cache pas derrière ça." Mais aussi le maire sortant. "Avec 35%, c’est un désaveu total. En 2020, avec 40% de participation, il faisait 60%. Le match recommence ce dimanche."

Interrogé sur une éventuelle union à droite, "monsieur Di Maria a refusé" tout arrangement, explique Emmanuel Fouquart. "On ne confie pas un poste de capitaine sans matelot. On m’a proposé un poste d’adjoint et quatre élus sur 32. Je fais quoi ?", relate Jean-Luc Di Maria. Le candidat RN esquisse un sourire. Concernant les listes de gauche, Charroux l’assure : "Il n’y avait pas de discussion envisageable", précisant constater aujourd’hui "des appels qui viennent vers nous. Les différences sont parfois importantes entre têtes de liste, mais sur le fond beaucoup d’éléments sont partagés. Ceux qui ont voté à gauche doivent continuer à soutenir la gauche. Les urnes parleront", lance-t-il, alertant quant à tout "ce qui pourrait disparaître, avec certains."

Des tensions sur les méthodes de campagne

"Ce qui risque de disparaître, ce sont les méthodes utilisées lors de cette campagne", rétorque Emmanuel Fouquart. "Quand je vois un colistier traité de sioniste, une mère de famille harcelée sur son lieu de travail, ce sont des méthodes d’un autre temps. Les électeurs doivent avoir une liberté d’opinion." Gaby Charroux refuse d’entrer dans la polémique, mais réplique. "La colistière de monsieur Fouquart, présidente de bureau de vote, a eu un comportement intolérable vis-à-vis d’électeurs parce qu’ils portaient des noms à consonance non française." Avant de couper court : "Je ne veux pas entrer dans ce débat, je préfère parler du fond."

Jean-Luc Di Maria, poursuit, rappelant que "la campagne, c’est un moment de démocratie. Monsieur Charroux veut faire peur, on parle de clivage droite-gauche, ça n’intéresse personne. Le service public restera entier. On dit que je vais fermer la cuisine centrale, les centres sociaux : c’est faux. Arrêtons de prendre les électeurs pour des idiots. Oui, on a dépensé trop pendant des années, c’est du clientélisme." Gaby Charroux, laisse parler.

À la question que feriez-vous en premier une fois maire, Charroux, l’assure. "J’ai 231 mesures sur mon programme, on va toutes les réaliser !" Ses deux concurrents répondent la même chose : un audit financier. "C’est obligatoire. Et c’est aussi une façon de se protéger." Di Maria, est en effet "très inquiet de la situation" et enclenche sur une autre problématique. "J’ai cru comprendre Monsieur Charroux ne finirait pas son mandat et laisserait la place à Monsieur Salazar-Martin (son directeur de campagne, Ndlr.) Emmanuel Fouquart, lui, a déjà quitté une fois Martigues : il faudrait que dès ce soir il démissionne de son poste de conseiller régional pour reprendre son poste de conseiller municipal opposition." Ce à quoi le candidat RN répond : "Je l’ai dit, si je deviens maire je quitterai le Conseil régional, et je m’engage à le faire même si je ne le deviens pas." Quant à Gaby Charroux : "Vous m’avez entendu dire que je laisserai ma place à quelqu’un d’autre ? Ça m’a échappé ? Je l’ai dit cet après-midi ?"

 


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