Pourquoi la Ventoline est en rupture de stock
Marion BIOSSE DUPLAN
Ce médicament indispensable aux asthmatiques est en tension dans toute la France. De quoi inquiéter les patients mais aussi les pharmaciens.
Elle
est pourtant indispensable, encore plus en pleine période d’alerte aux pollens.
La Ventoline, médicament utilisé pour traiter les crises d’asthme, connaît
actuellement de grosses tensions sur ses stocks et toutes les pharmacies de
France sont concernées. Une rupture de plus dans les officines, inquiètes de
voir de très nombreux médicaments manquer à l’appel.
"On s’affole tous. On a une quantité
infime de boîtes", résume Stéphane Pichon, président du conseil de l’ordre
des pharmaciens Paca-Corse. Hier, sa pharmacie installée à Marseille ne compte
pas plus de dix boîtes en stock. Un chiffre dérisoire pour un produit
"d’urgence". Et un facteur "extrêmement stressant pour les
patients qui ont absolument besoin", déplore le pharmacien, alors que la
Ventoline, produit du laboratoire GSK, est exclusivement produite celui-ci.
Le professionnel confirme que toutes les
pharmacies en Paca sont concernées même s’il est toujours possible de trouver
des stocks résiduels dans certaines officines.
Pour Patrick Raymond, porte-parole de l’Union
des Syndicats de pharmaciens d’officine des Bouches-du-Rhône, des problèmes de
production, mais aussi le prix de vente final des boîtes de Ventoline peuvent
expliquer les ruptures sur le produit.
La molécule utilisée pour fabriquer la
Ventoline n’est pas produite en France. "S’il y a un problème dans les
usines en Inde ou en Chine par exemple - une matière première qui manque à
l’appel, un problème sur un lot de produit nécessitant une nouvelle validation
des autorités de Santé avant distribution - ça ralentit la production et créée
de fait un embouteillage", relate le pharmacien.
La
production n’étant pas instantanée, les distributeurs jouent sur leurs stocks
et mettent le médicament "en tension" pour pouvoir gérer la pénurie
sur la durée. En résumé, ils livrent au compte-gouttes.
"Naturellement,
s’il y a moins de produits, les distributeurs vont vendre la Ventoline aux plus
offrants", résume le porte-parole. Et la France n’en fait pas partie.
Aujourd’hui, le prix d’une boîte de Ventoline ne coûte en France que 4,60 euros,
contre 9,65 livres au Royaume-Uni et un prix avoisinant les 8 euros la boîte en
Allemagne
C’est
tous les jours que les médicaments manquent. Les tensions sur la Ventoline
entrent dans un contexte général de ruptures permanentes de médicaments. „
STÉPHANE PICHON, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE L’ORDRE DES PHARMACIENS PACA-CORSE
Que faire pour les patients concernés ?
D’après
l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) contactée par La Provence,
le laboratoire GSK informe "que les stocks disponibles à ce jour en
Ventoline et pour la majorité des dosages en Seretide devraient permettre de
couvrir les besoins des patients". L’ANSM confirme que des pharmacies font
bien face à des difficultés d’approvisionnement, "des tensions qui
pourraient s’expliquer par une augmentation de la demande". Le laboratoire
GSK a annoncé la mobilisation d’un autre site de production en Espagne, en plus
de son site de production français.
Si la
Ventoline connaît des équivalents comme le Salbutamol, ou l’Airomir, ces
produits sont, eux aussi, en ce moment en très forte tension. Pour les patients
concernés, "il y a toujours moyen de trouver des stocks résiduels en
pharmacie", et par prévention, "la chose à faire est d’appeler son
médecin traitant pour anticiper des solutions en cas d’indisponibilité totale
du produit", recommande Patrick Raymond.
"C’est tous les jours que les médicaments manquent. Les tensions sur la Ventoline entrent dans un contexte général de ruptures permanentes de médicaments", rappelle Stéphane Pichon. Le 30 mai dernier, près de 800 pharmaciens se sont mobilisés à Marseille et partout en France pour dénoncer les ruptures permanentes sur de plus en plus de références de médicaments. Selon les professionnels, chaque pharmacie passe environ 12 heures par semaine à chercher des médicaments, ce qui correspond "à 350 millions d’euros de masses salariales gaspillées pour ces ruptures", insiste le porte-parole de l’USPO 13. Une difficulté de plus pour ces professionnels d
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