dimanche 16 février 2020

La Caravelle, mistral gagnant


La Caravelle, mistral gagnant
Pour la série Plus belle la vie
La série marseillaise a posé ses caméras 
dans le typique restaurant de Lavéra 
dans la calanque de Ponteau. 
Pépite pour les tournages. 
Ambiance autour de la patronne des lieux, Dora


Ici, c’est un choc de cultures, un contraste et un décor magistral.

Une calanque de Ponteau Port coincée entre la mer et le complexe pétrochimique de Lavéra. «Après les champs de pétrole", sourit un des acteurs, dont on taira le nom à la demande de la production pour préserver l’intrigue de la série, après les flammes des torchères qui brûlent dans le ciel, l’embellie.
Des odeurs d’industrie puis de mer. Un endroit au milieu de nulle part. Un virage à 180 degrés. Apaisant. Le clapotis des vagues contre cette terrasse à ciel ouvert dans les oreilles et les tankers qui roulent les mécaniques à l’horizon, dans la rade.
Bienvenue au typique restaurant la Caravelle, Un petit coin de paradis perdu. Une terre de tournages de quelques séquences de la série marseillaise Plus belle la vie, le temps d’une journée. Qui en appellera d’autres en mars. Clap première pour une série qui tient en haleine le téléspectateur depuis… 2004 ! On est là autour du 4020e épisode dans un lieu atypique de Lavéra, au milieu des cabanons. Un charme fou, un lieu prisé, décor à bobines.
Robert Guédiguian y a déjà tourné. Anne Alix y a posé ses caméras aussi, elle qui avait emmené Dora Manticello, emblématique restauratrice de La Caravelle jusque sur les marches du Palais du festival à Cannes en 2018.
Derrière le comptoir de ce petit restaurant resté ouvert pendant le tournage en extérieur, Dora a la banane. "Ça met du peps" sourit la patronne qui se met en quatre, entre deux selfies avec les acteurs et deux confidences avec l’équipe de tournage après le service.
Derrière le zinc, une gouaille inimitable. Dans l’assiette, une cuisine maison. Une parenthèse guinguette pour "PBLV" à la sortie du déjeuner. Sur la terrasse, en bord de mer, à l’abri des regards, le futur de plus belle la vie se dessine. "Silence on tourne !" Des mines patibulaires, on devine vite une scène digne d’une série noire. Un air de clan mafieux. Le ton est grave à la sortie d’une garde à vue. "Le premier qui bouge, tu l’éclates ! Il faut que le message soit clair. On se remet à la vente". Les prises s’enchaînent autour de la réalisatrice Véronique Laveissière et Éric Hénin, en soutien, qui décortiquent les moindres expressions avant de lancer : "C’est coupé, merci !" Entre deux scènes, confessions dans un décor naturel, loin des reconstructions de studio : "Il y a tout qui passe dans un tel décor. On dit souvent que les décors et l’accessoire donnent le plan. On est servi. On est dans l’authenticité".
Un hommage à Martigues, terre de tournages. Un lieu repéré bien en amont. "On cherchait un endroit isolé, inaccessible ; qui sort de l’ordinaire. Un décor atypique propice à un contexte un peu mafieux ; pour prévoir un coup", glisse le régisseur Victor Lou Brisson. Tous vous le diront dans cette "équipe C", avec la mission de 6 tournages par mois hors des studios de la Belle-de-Mai à Marseille, l’endroit fascine pour un nouveau "prime" qui sera diffusé d’ici un mois et demi sur France 3.
Avec, en coulisses, on y revient, l’éternelle bonhomie de Dora. Pas dans le champ de la caméra cette fois, mais incontournable pour marquer le passage de ses hôtes. Demandez à la réalisatrice repartie avec une bouture de cette plante que Dora bichonne entre deux popotes. Les racines d’un lieu magique.
Pascal STELLA




Après Cannes, objectif César pour Dora !

Derrière le zinc, c’est un film à elle toute seule. Dora Manticello est un personnage. À la vraie vie et sur grand écran aussi.
L’histoire de Dora avec le cinéma avait commencé en 1994 avec A la vie, à la mort, le film que Robert Guédiguian avait tourné dans "sa" calanque et à La Caravelle déjà. Son pittoresque restaurant, c’est 17 tournages et pour Dora un (autre) souvenir indélébile. A l’affiche avec "Il se passe quelque chose", le premier long-métrage d’Anne Alix épousant la véritable histoire de Dora, elle a vécu une parenthèse enchantée jusqu’au festival de Cannes en 2018, en ouverture de l’Acid, consacrée aux films indépendants. Et ce n’est pas fini ! "Elle fera les César, moi je remplirai le Stade de France", rêve Angelo, fils de Dora, âme d’artiste et chanteur lyrique dans la vie, qui avait été lui aussi de l’aventure sur la croisette, à l’affiche avec la bande originale "la réparation" du film d’Anne Alix. Une histoire de famille et un nouveau projet dans la boîte avec un court-métrage de Romain Silvin cette fois. Un peu son Jésus à elle, dans un clin d’œil aux longs cheveux de la tignasse châtain du réalisateur. "J’ai un beau rôle", pétille Dora dans ce film, "La Gangue" un road trip dans le golfe de Fos, entre documentaire et fiction, tradition et industrie, à la rencontre des dockers et de pêcheurs…. Un coup de foudre pour Dora qui joue son propre rôle et un rêve qui devient réalité "Quand Romain m’a raconté le scénario, j’ai été frappée, c’était un rêve d’il y a 10 ans. Ça va marcher…" Comme une intuition ou un flash pour une tranche de vie et un bout de son histoire, "au restaurant les Pitres", révèle- t-elle. Mais chut, la sortie est prévue fin mars. P.S.





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Plages des Laurons